For whom the bell tolls

Tout commença en 2019. Oui, il aura fallu 4 ans pour passer de l’idée à la réalisation.

Tout commença par : « Si tu ouvres le trou au dessus de la porte, c’est sûr qu’elles y viendront »

Alors on a ouvert le trou.

Puis nous avons mis nos groupes et jeunes à contribution pour mesurer, découper, poncer et assembler :

Ensuite, les supports ont été fixés au mur, la cabane démontée, montée au grenier, montée sur les supports puis remontée une fois en place (vous suivez ?)

Enfin, le nichoir a été garni de copeaux de bois et de quelques vieilles pelotes de réjection. Une partie du fond, transparente pour observer à l’intérieur, est recouverte d’un voile noir pour plus de tranquillité.

Il n’y a plus qu’à attendre : verdict en février, les chouettes et hiboux nichent tôt.

Les centaurées

On pourrait les prendre pour des mauvaises herbes, des chardons ratés qui n’auraient pas les piquants de leurs cousins. Pourtant, en ce jour d’été, c’est la fleur du moment pour les insectes butineurs, un vrai Netflix en plein air : on peut se poser des heures devant à admirer la vie qui vient s’y nourrir.

Mais que faut-il faire pour en avoir chez soit ? La réponse est simple : RIEN ! Juste la laisser pousser en évitant de tondre les zones du jardins qui n’ont pas besoin de l’être.

Voici quelques photos prises en passant devant :

Sois beau et tais toi !

Un point aujourd’hui sur le viorne obier et son cousin « boule de neige ».

Tout le monde a déjà vu le « boule de neige » qui nous gratifie de ses magnifiques pompons blanc au printemps.

Ses fleurs sont tellement lourdes qu’elles peuvent casser les branches à la première pluie.

Magnifique hein ?!

Mais rien ne vous choque pour des fleurs de printemps ?

C’est pas un peu vide ?

Voyons maintenant la version sauvage du viorne obier. Il est bien moins impressionnant, surtout que celui-ci est à l’ombre. Mais regardons ses fleurs de plus près :

Nous retrouvons sur l’extérieur les mêmes grands pétales blancs mais d’est au centre que nous trouvons de multiples insectes pour une très bonne raison : c’est là que sont les vrais fleurs. En effet, le viorne qui produit des toutes petites fleurs à développer en périphérie de celles-ci de grandes fausses fleurs pour attirer l’œil des insectes.

Vous l’aurez compris, le viorne « boule de neige » est une sélection qui ne produit que des fausses fleurs. C’est certes joli, mais il n’offre ni nectar ni pollen aux animaux. Il ne fait pas non plus de fruit alors que le viorne obier produit des baies qui nourrissent les oiseaux à l’automne.

Aussi, si un jour vous souhaitez installer un viorne obier chez vous, posez-vous cette question : ai-je envie d’un arbre juste joli ou d’un arbre utile ?

Belle journée à vous.

Le Frêne

Bonjour à tous.

Même si ce n’est pas le plus représenté chez nous, c’est avec le Frêne que j’ai décidé de commencer cette série d’article sur les arbres présents chez Or des Soucis. L’objectif de ces articles n’est pas de décrire botaniquement l’arbre (vous trouverez des liens vers des articles existants à la fin) mais de vous décrire ce qu’il apporte chez nous.

Le reconnaitre :

C’est un arbre assez grand, élancé, les branches allant vers le ciel. Ses feuilles sont composées de plusieurs folioles opposées plus une foliole terminale. L’écorce est grise et assez lisse. En hiver, on le reconnait grâce à ses bourgeons noirs.

Sa vie chez nous :

Avec ses hautes branches aux abords dégagés, le frêne est une aire de repos idéale pour les nombreux passereaux qui peuplent notre site. Selon leur emplacement, ils servent tantôt à faire de l’ombre, tantôt à couper le vent, en particulier le vent du Nord.

En outre, son feuillage fait un complément de nourriture pour les herbivores quand le « vert » manque ou pour leur faire profiter de ses nombreuses vertus.

Utilisation médicinale :

plante anti-rhumatismale, diurétique, analgésique, tonique, fébrifuge, astringente (feuille, écorce, fruit). De l’écorce, on extrayait le « quinquina d’Europe », qui est fébrifuge. L’étude et l’analyse chimique des différents organes du frêne ont montré la présence d’un flavonoïde : le rutoside, aux propriétés anti-inflammatoires. Le mannitol et les sels de potassium présents dans les feuilles sont responsables de l’activité diurétique qui stimule les fonctions d’élimination de l’organisme. Le mannitol est aussi utilisé comme protecteur tissulaire des articulations. Il permet ainsi de freiner leur vieillissement. (lesarbres.fr)

Chez nous, nous récoltons des jeunes pousses au printemps dont nous faisons des infusions avec des pousses de ronce, de thym et du miel pour lutter contre les maux de gorge.

Autres informations :

Yggdrasil, l’arbre fondateur, est un frêne. Ses feuilles peuvent servir à concocter la frênette (recette sur lesarbres.fr).

Liens :

http://www.lesarbres.fr/frene.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Frêne

En oiseaux, on taille du 38 !

En ce beau printemps, la LPO (ligue protectrice des oiseaux), dans le cadre de notre partenariat, est venu faire un comptage des espèces présentes sur notre site au printemps. On savait qu’il y avait « pas mal » d’oiseaux mais on a été agréablement surpris d’apprendre qu’il y en avait en cette matinée 38 espèces différentes vues ou entendues !

Nous agissons au quotidien en pensant la biodiversité dont les oiseaux sont une strates (des plantes libres => des insectes => des oiseaux) et ressentons une grande joie d’héberger autant d’oiseaux différents. Bon, certains ne font que passer mais nous découvrons de plus en plus de nids.

Voici le tableau récapitulatif : Listing et statuts espèces Or des soucis-page-001

Bien évidemment, ce comptage a été réalisé en prenant toutes les mesures de sécurité liées à la situation actuelle. Nous espérons que vous viendrez découvrir toute la richesse avicole de notre « jardin » une fois cette période passée.

Prenez soin de vous et belle journée.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle …

NON, NON ET NON ! On ne ramasse pas les feuilles mortes ! Et pourquoi donc ? Permettez moi de répondre à cette question par une autre question :
Elle est comment la nature ? Hein, elle est comment ? BIEN FAITE !!! Elle est bien faite !!!
Alors, on arrête de penser que les arbres, et tous les végétaux d’une manière plus générale, sont des objets organiques qui subissent leur vie et on fait un effort pour comprendre que si les arbres perdent leur feuille en hiver, c’est pour une bonne raison (que je ne détaillerai pas ici) et que si elles tombent à leur pied c’est également pour de bonnes raisons !
D’abord, le tapis de feuille protège les racines et la microfaune (équivalent de notre flore intestinale) qui vit au pied de l’arbre du froid. Certes, sans feuille au pied, l’arbre ne meurt pas de froid mais passer une heure à poil dehors par -5° ne nous tue pas non plus : tu veux essayer ???
Ensuite, le paillage de feuille conserve l’humidité au pied de l’arbre quand le froid assèche la terre.
Enfin, les feuille, en se décomposant, vont nourrir l’arbre. Quoi ? L’arbre se nourrit de ses propres tissus ? Et oui, et que celui qui n’a jamais mangé une rognure d’ongle, un bout de peau ou quoique ce soit d’autre venant de son propre corps, JE VEUX PAS SAVOIR QUOI, lui jette la première pierre !!! Enlever les feuilles mortes appauvrit considérablement le sol et prive l’arbre d’une grande quantité de nourriture !

Oui mais les feuilles mortes c’est moche. Ok, alors tu as deux solutions : soit tu ramasses les feuilles et crames du pétrole pour les apporter à la déchetterie et au retour tu dépenses un bout de ton maigre salaire pour acheter de la bâche (pétrole) et de l’engrais (pétrole aussi) afin d’avoir un jardin “propre” sans que tes arbres en souffrent, soit tu arraches toute cette chienlit, tu bétonnes tout et met des arbres en plastique pour avoir un jardin tout beau tout propre ! Au passage, tu ramasseras tes mégots et tes canettes de coca du coup …

Pour plus d’informations (ou ceux qui ne savent pas lire), vous pouvez retrouver un excellent article sur ce sujet en podcast sur France Bleue Touraine (débrouillez-vous !).

La mycorhize

Quand j’étais petit, je ne connaissais que deux sortes de champignons : les entiers et les en lamelles. Ils poussaient en boîte au supermarché et finissaient dans le plat du dimanche midi. Mon « monde des champignons » était d’une médiocrité affligeante.

Quand j’ai été un peu plus grand, j’ai appris que les champignons poussaient dans la forêt, qu’ils avaient des formes et des goûts différents et qu’ils pouvaient même tuer : quel prodige ! Mon « monde des champignons » avait connu une évolution incroyable !

Et pourtant, ce n’était rien comparé à ce que je vais vous révéler !

Déjà, réduire le « monde des champignons » à ce qu’on en mange (ou fait manger à sa belle-mère), c’est comme réduire le « monde des arbres » aux fruits qu’on trouve au super marché : c’est un minuscule fragment de la partie émergée de l’iceberg.

Ensuite, cette partie cachée du « monde des champignon », le mycélium, va donner naissance à la véritable magie des champignons : la mycorhize.

Une mycorhize (du grec myco, « champignon » et rhiza, « racine », terme introduit en 1885 par le botaniste Albert Bernhard Frank) est le résultat de l’association symbiotique, appelée mycorhization, entre des champignons et les racines des plantes. La mycorhize est une composante majeure de l’édaphon.

Bon, dis comme ça, la définition de Wikipédia semble quand même bien compliquée !

Alors, pour faire simple, y’a la partie souterraine du « monde des champignons » et y’a des plantes avec des racines. Ces deux êtres vivants issus d’ordres différents discutent et négocient un accord : Moi, plante, je te nourris avec du glucose que je produis (voir la photosynthèse) et moi, champignon, je mets à ta disposition mon réseau de filaments pour rallonger tes racines et t’apporter de l’eau, de l’engrais et les minéraux dont tu as besoin. Simple non ? Moi, ça me fait rêver une telle coopération.

Des points importants :

  • Mycorhize désigne l’association et non le champignon
  • La mycorhize n’est pas toujours équilibrée : selon la saison ou le stade de développement de la plante, l’un ou l’autre profite plus de cette association.
  • La mycorhize favorise les échanges entre toutes les formes de vies du sol pour former un « wood wide web », une sorte d’internet organique.
  • Les apports et effets de la mycorhize vont bien plus loin qu’un échange matière première contre nourriture : elle agit également sur la protection contre les ravageurs et champignons néfastes et sur le recyclage des déchets, entres autres.

Bien sûr, l’homme a un impact sur la mycorhize en retournant le sol, épandant des fongicides et déséquilibrant le sol avec les engrais, en particulier les phosphates.

J’espère que cet article vous aura éclairé sur les mycorhizes et vous donnera envie de mieux connaître la terre qui nous nourris tous.

La photosynthèse

Le glucose : à la fois carburant du cerveau et des muscles, brique de base des molécules complexes qui participent à la structure des tissus et source de plaisir, il est une molécule indispensable à notre vie.

Pourquoi parler du glucose dans un article sur la photosynthèse ? Parce que si nous sommes capables de le stocker en le transformant (dans ces si mignons petits bourrelets), nous sommes incapables de le produire et devons le trouver dans notre alimentation.

Et où est fabriqué ce glucose ? Qui a dit « dans les usines Haribo » ??? Non, dans la nature, le glucose est créé par les plantes, qui s’en servent elles aussi pour fonctionner mais également pour attirer les animaux dispersant leurs graines (c’est pour ça que les fruits sont sucrés) et négocier avec des bactéries ou des champignons.

S’il est important de rappeler à quoi sert le glucose, c’est que sa fabrication par les plantes est réellement extraordinaire ! En effet, grâce à l’énergie solaire exploitée par la chlorophylle, la plante va fabriquer cette molécule indispensable :  C6H12O6. Pour cela, il lui faut de l’eau, H2O pour la « fin » de la molécule : elle la trouve dans le sol. Pour le CO2, elle le trouve dans l’air (0,04% de l’air est du CO2). Donc avec du soleil, l’eau du sol et ce satané CO2, la plante fabrique du glucose. Magique non ? Et cerise sur le gâteau, si on équilibre l’équation (souvenez vous de vos cours de chimie organique), on obtient : 6 H2O + 6 CO2 => C6H12O6 + 6 O2 ! Eh oui, en fabriquant du sucre, la plante génère du dioxygène qui, finalement, est un « déchet » dans cette élaboration !

Alors, c’est-y pas génial la photosynthèse ???

Mon amie Osmie

Bonjour à toutes et tous,

Au jardin comme au verger, on cultive du végétal mais vous le savez sans doute, pour tout légume ou fruit obtenu à partir d’une fleur, il faut un pollinisateur ! Il s’agit d’un insecte qui en venant se nourrir du nectar des fleurs de vos pommiers, tomates ou fèves, va permettre aux gamètes mâles et femelles des plantes de se rencontrer.

Les plus connues sont bien sûr les abeilles domestiques, venant des ruches alentours. Cependant, bien qu’importantes, vous ne pouvez pas compter que sur ces dernières. En effet, elles arrivent tardivement et peuvent préférer les champs à votre petit jardin.

Par contre, il y a des pollinisateurs sauvages que l’on peut assez facilement fidéliser au jardin. Parmi ceux-ci, l’osmie.

L’osmie est une petite abeille sauvage solitaire qui a de nombreux avantages : elle est une des premières à venir se nourrir au jardin et elle est facile à faire nicher chez vous. En plus, elle est dénuée de toute agressivité !

Comment la garder au jardin ? L’osmie est une abeille qui niche dans des petits trous : dès qu’elle trouve une galerie qui fait entre 6 et 10 mm de diamètre, elle va y installer son nid. Vous pourrez alors l’observer y entrer tantôt en marche arrière pour pondre un œuf et en marche avant pour lui déposer de la nourriture et sceller la loge. Elle va ainsi laisser plusieurs futurs osmie mâles et femelles qui vont naitre, se transformer en nymphes puis en adultes et vont rester dans leurs petits nids tout l’hiver pour sortir au printemps suivant et venir polliniser votre jardin la saison prochaine.

Aussi, afin que la génération suivante survive et reste dans votre petit paradis, il faut deux choses : lui proposer des nids et de la nourriture.

Pour les nids, de simples buches percées ou des morceaux de bambous coupés feront l’affaire, que ce soit dans un hôtel à insectes ou en simple tas.

Pour la nourriture, il faut des fleurs précoces pour sustenter les jeunes adultes en attendant les premières cultures. Le mieux est d’observer quelles sont les premières fleurs proches de votre jardin. En ce qui nous concerne, nous avons laissé deux vieux cerisiers dont les fruits ne sont pas très bons mais qui fleurissent tôt en abondamment. Il peut aussi s’agir de « mauvaises herbes » comme le gaillet graton. A défaut, planter une zone fleurie trouvera tout son sens.

Bien sûr, en bonne abeille « sauvage », l’osmie se débrouille très bien toute seule. Mais elle est souvent victime des pesticides et appréciera fortement d’avoir un logis sain avec du nectar à volonté pour s’y installer.

Alors chouchoutez là et elle vous le rendra !

Ah, par contre, si vous n’en voyez pas par chez vous, pas de panique, il y a d’autres pollinisateurs sauvages qui pourront la remplacer ou la seconder …

A bientôt.