La mycorhize

Quand j’étais petit, je ne connaissais que deux sortes de champignons : les entiers et les en lamelles. Ils poussaient en boîte au supermarché et finissaient dans le plat du dimanche midi. Mon « monde des champignons » était d’une médiocrité affligeante.

Quand j’ai été un peu plus grand, j’ai appris que les champignons poussaient dans la forêt, qu’ils avaient des formes et des goûts différents et qu’ils pouvaient même tuer : quel prodige ! Mon « monde des champignons » avait connu une évolution incroyable !

Et pourtant, ce n’était rien comparé à ce que je vais vous révéler !

Déjà, réduire le « monde des champignons » à ce qu’on en mange (ou fait manger à sa belle-mère), c’est comme réduire le « monde des arbres » aux fruits qu’on trouve au super marché : c’est un minuscule fragment de la partie émergée de l’iceberg.

Ensuite, cette partie cachée du « monde des champignon », le mycélium, va donner naissance à la véritable magie des champignons : la mycorhize.

Une mycorhize (du grec myco, « champignon » et rhiza, « racine », terme introduit en 1885 par le botaniste Albert Bernhard Frank) est le résultat de l’association symbiotique, appelée mycorhization, entre des champignons et les racines des plantes. La mycorhize est une composante majeure de l’édaphon.

Bon, dis comme ça, la définition de Wikipédia semble quand même bien compliquée !

Alors, pour faire simple, y’a la partie souterraine du « monde des champignons » et y’a des plantes avec des racines. Ces deux êtres vivants issus d’ordres différents discutent et négocient un accord : Moi, plante, je te nourris avec du glucose que je produis (voir la photosynthèse) et moi, champignon, je mets à ta disposition mon réseau de filaments pour rallonger tes racines et t’apporter de l’eau, de l’engrais et les minéraux dont tu as besoin. Simple non ? Moi, ça me fait rêver une telle coopération.

Des points importants :

  • Mycorhize désigne l’association et non le champignon
  • La mycorhize n’est pas toujours équilibrée : selon la saison ou le stade de développement de la plante, l’un ou l’autre profite plus de cette association.
  • La mycorhize favorise les échanges entre toutes les formes de vies du sol pour former un « wood wide web », une sorte d’internet organique.
  • Les apports et effets de la mycorhize vont bien plus loin qu’un échange matière première contre nourriture : elle agit également sur la protection contre les ravageurs et champignons néfastes et sur le recyclage des déchets, entres autres.

Bien sûr, l’homme a un impact sur la mycorhize en retournant le sol, épandant des fongicides et déséquilibrant le sol avec les engrais, en particulier les phosphates.

J’espère que cet article vous aura éclairé sur les mycorhizes et vous donnera envie de mieux connaître la terre qui nous nourris tous.